La plupart des
écoles de théâtre, publiques ou privées,
ne se contentent plus d’auditions de fin
d’année, mais avec leurs élèves
produisent de véritables spectacles.
Acting International a été une des
première à produire ce genre d’objet
théâtral : certains disent même que ce
fut la première. Aujourd’hui encore les
spectacles de fin d’année d'Acting
conservent leur originalité propre.
Robert Cordier choisit un thème, un de
ces thèmes fondamentaux, fil rouge du
destin et de toutes les littératures :
la mort, l’amour, le meurtre, le couple,
le sexe... Il assemble autour de ce
thème les textes les plus divers
Tchekhov, Shakespeare, Marivaux, Brecht,
Adamov... Des classiques français, des
auteurs américains actuels. A partir de
ces textes disparates, il arrive à
établir une trajectoire dramatique
cohérente et par une mise en scène
précise, souvent incandescente, il
éclaire de surprenantes lueurs le thème
préalablement choisi.
Plaisir de metteur en scène ? Oui
sûrement ! Mais surtout, dernier volet -
et non le moindre - des leçons de
théâtre prodiguées au cours de l’année.
Les élèves confrontés à des textes de
nature différente, contraints à passer
d’un style à l’autre sont obligés à la
virtuosité. Four tenir leur place dans
ces “machines scéniques”
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complexes, ils
doivent dépasser cet onanisme du
sentiment auquel se complaisent trop
souvent les apprentis comédiens. Les
voilà obligés à jouer au milieu des
autres, devant un public, s'inscrire
dans le temps, l’espace et les lumières
de la scène, à se plier aux dynamiques
d’une mise en scène. Et, cela est
capital, à ... apprendre LES COULISSES.
Ces lieux cachés
au public font partie de l’espace du
théâtre. C’est là que le comédien se
prépare, se transforme, se concentre.
C’est dans les coulisses qu’il doit
gérer sa nervosité, son tract et se
plier à indispensable et méticuleuse
ponctualité de ses entrées en scène.
Et sorti de l’ombre, le voici dans les
lumières éblouissantes, entraîné dans un
mouvement collectif, mais seul
responsable de ces liens mystérieux
qu’il doit établir entre lui et le
public.
Le spectacle est joué une semaine en
plus. Alors de jour en jour, l’élève
comédien doit retrouver son jeu, ses
places, ses gestes, ses intonations, les
revivre et les perfectionner en fonction
de ses nouveaux partenaires, nouveaux
publics face à lui dans la salle.
Sans cette insertion dans un spectacle,
sans sa reproduction quotidienne, il ne
peut y avoir d’apprentissage du METIER.
-Sylvain
Dhomme
Auteur de « La mise en scène d’Antoine à
Brecht » |