Robert Cordier avec Peter Feuchtwanger / Directeur téchnique de ACTORS STUDIO,
NEW YORK, lors de premiers stages caméra à Acting International
notre histoire
recontée par Robert Cordier:
Notre
histoire
commence avec Alexander Rockwell (*), petit fils d’Alexandre
Alexeiev l’inventeur du 'pushpin animation’ et petit fils de
Stanislavski.
Alex, recommandé par Delphine Seyrig, voulait prendre des
cours avec moi en 1978. J'hésitai à reprendre l’enseignement ayant juste dirigé le "DOM JUAN" de Molière
à Londres avec Tom Conti et Lindsay Duncan, après 25 ans de
mise en scène au théâtre – Broadway, Off-Broadway, La MAMA,
ETC. et à travers l’Amérique - de réalisations cinéma - dont
un film primé dans de nombreux festivals : ‘FENDER L’INDIEN’ –
de radio et télévision aux Etats-Unis – notamment le’ MURRAY
THE K à NEW YORK ,’ sur ABC en 1967 avec Jim MORRISON et LES
DOORS , The BEATLES, Otis REDDING, Aretha FRANKLIN, SAM &
DAVE , The ASSOCIATION, Joan CRAWFORD etc.
Mais la fougue Stanislavskienne
d’Alex me décida, lançant ainsi -- au Palace, puis Quai
de Seine, l'aventure de l'Atelier Workshop Robert Cordier,
qui devint quelques années après ACTING
INTERNATIONAL.
Nous présentions, dès 1981, nos
travaux d'élèves au Centre Pompidou, avant de lancer, en ’84,
le Théâtre Marie Stuart et d’y rencontrer le succés avec une
compagnie composée de nos élèves , passés professionnels, et
des œuvres de McClure, Shepard, Genet, Shakespeare, Ibsen,
Strindberg, Bergman, Chekhov, Durringer, Oates, Ives, Cale,
Ford, Brecht, Koltès, Mamet, Cordier et autres.
Au cours de l’histoire d’ACTING INTERNATIONAL nous avons eu le
privilège de travailler avec de nombreux acteurs, auteurs,
metteurs en scène et réalisateurs qui ont fait des carrières
merveilleuses. Tous, il faut le dire, possédaient le cran, les
guts et le drive d’apprendre de leur métier tout ce qui leur
était possible et fanatiquement, sans exception. Entraînés
sérieusement ils peuvent dire aujourd’hui aux réalisateurs,
aux metteurs en scène, aux producteurs, aux agents : « Je sais
bosser. Confiez-moi le rôle et je vous le rendrai au
centuple. En toutes circonstances ma contribution au projet
sera celle d’un artiste. »
Certes, il est tentant de vouloir se sentir admiré pour sa
gueule et autres bricoles, de rêver d’être célèbre, des
‘peoples’ qui gagnent des montagnes de blé. Jouer peut-être
une échappatoire, un fantasme de gloriole, un appel aussi vers
la facilité où l’on se perd. Mais la réalité du théâtre et de
son grand fils le cinéma, le jeu grave d’acting vrai ,est plus
belle, là où l’acteur ,tel qu’en lui-même le travail le
change, gagne son âme et ses galons de meilleur ouvrier. Là,
vit le vrai rêve.
A la suite du sucesseur de Sanford Meisner, William Esper,
citons Constantin Stanilavski dont l’arrière petit-fils nous
incita à l’aventure. "J’ai vécu une longue vie, j’ai été
riche, devint pauvre ; j’ai vu un bon bout du monde, eu une
merveilleuse famille, des enfants, que la vie éparpilla aux
quatre coins du monde. J’ai désiré la gloire, l’ai trouvée –
j’ai été honoré jeune et maintenant je deviens vieux. Je sais
que mon temps sur la terre s’amenuise. Maintenant demandez-moi
dans quoi nous trouvons le bonheur ? C’est dans la
connaissance et la compréhension de l’art et le labeur de sa
prise de conscience. Pendant que l’on apprend sur soi-même, on
peut apprendre la nature et le sens de la vie – on peut
prendre conscience de l’âme. Il n’y a pas de bonheur au-dessus
de cela."
Alexander Rockwell
devait plus tard recevoir le Premier Prix au Sundance Film
Festival de Robert Redford pour son long métrage ‘IN THE
SOUP,’ et épouser Jennifer Beals à Hollywood. Il réalisa
également ‘FOUR ROOMS’ avec, entre autres, Quentin Tarantino.